Ecoutez monsieur Aqil Chehadi vous expliquer comment il a appris le français prenez des notes puis répondez aux questions.

Conseils pour apprendre le français - expérience de Aqil

Questions :

  1. Quelle est sa langue maternelle ?
  2. Quelle est sa nationalité ?
  3. Combien d’heures de français sont données chaque semaine ?
  4. A partir de quel âge a-t-il commencé à apprendre sérieusement ?
  5. Combien de temps faut-il selon lui pour maîtriser correctement le français si on étudie sérieusement ?
  6. Quels conseils donne-t-il pour apprendre une langue ?
  7. A quelle langue s’intéresse-t-il maintenant ?
  8. Quelles langues parle-t-il ?
  9. A quel moment de sa scolarité a-t-il progressé vite pour l’expression ?
  10. Quelle stratégie avait-il adopté quand il regardait des vidéos ?
  11. De quelle manière il utilisait les sous-titres ?

Développement :

  1. Quels conseils pourrait-on donner pour progresser rapidement en langue ?
  2. Quelles langues parlez-vous maintenant ? Comment les avez-vous apprises ?
  3. Est-ce que l’apprentissage du français est difficile selon vous ? pourquoi ?

TRANSCRIPTION

Alors aujourd’hui ….
Alors aujourd’hui je suis avec Aqil et il va vous expliquer comment il a appris le français
parce que ce n’était pas sa langue maternelle au début.  Je m’en vais pour lui poser des questions. Vous écoutez et vous prenez des notes parce que il parle très bien !
C’est parti !
Alors Aqil, d’abord merci de répondre à quelques-unes de mes questions.
Et la question que tout le monde se pose c’est :
Comment est-ce que vous avez appris le français ?

Ben écoutez, j’ai appris le français va un peu comme tous les autres Marocains.
C’est-à-dire dès l’école primaire j’ai grandi dans un contexte où on pouvait apprendre le français à l’école mais bon à la maison avec mes parents avec la famille avec les amis on parle arabe, on parle le dialecte arabe.
Je n’utilisais pas vraiment le français chaque jour.
Quoique je l’apprenais à l’école.

Est-ce que vos parents, votre famille, tous les membres de votre famille parlait le français ou bien disons que à la maison c’était uniquement l’arabe et dans le cadre de l’école c’était plutôt le français ?

Alors à la maison, c’était uniquement l’arabe.
Voilà on… donc… même les chaînes de télévision, on ne regardait que les chaînes de télévision arabe ou marocaine.
Très peu de contenu en français, mais par contre je lisais beaucoup en français.
Même si je ne parlais pas forcément avec d’autres personnes en français, je lisais beaucoup de romans français.
Je regardais des films en français dès dès mon très jeune âge.
À partir de quel âge ? à partir de quel âge vous avez commencé à lire ?
À partir de quel âge vous avez commencé à regarder des films ou des séries en français ?
Alors je… si ma mémoire est bonne je pense que c’était en cm1.
Et donc si vous avez des des spectateurs marocains, ça équivaudrait au ce5.
Ce5 ?
Oui, parce qu’il n’y a pas de ce5 en France.

D’accord, ce5 c’est quel âge exactement ?

Alors, c’est huit ans peut-être quelque chose comme ça ouais.
Très jeune, donc je me rappelle que voilà j’empruntais des des romans à mes cousins voilà, d’autres membres de la famille.
Mon père avait de très très vieux romans que je lisais donc aussi. Après j’ai commencé à comment dire… construire… un goût particulier, donc je m’intéressais aux romans fantastiques par exemple Harry Potter tout ça. Voilà après, peut-être dans mon adolescence j’ai commencé à voir beaucoup de films.
Donc que ce soit à la télé que ce soit en dvd et je regardais toujours en langue française et voilà pour m’aider je mettais les sous-titres en français. En fait, c’est très important.
Je pense même si on a des difficultés à entendre à écouter à saisir ce qui se dit mettre des sous-titres dans la même langue que voilà que les films, c’est très important je pense.

Donc, les sous-titres ce n’est pas toujours exactement la transcription mais on va dire que ça aide à apprendre. C’est ça ?

Oui, voilà donc c’est graduel. En fait je ne mettais pas forcément les sous titres dès le premier coup.
Donc si j’en éprouvais besoin, je les mettais. Je mets les sous-titres, je les enlève, je vois si je comprends la même chose. Parfois c’est aussi comme vous l’avez dit, c’est important de…, c’est intéressant plutôt de voir les différences entre les sous-titres et en fait ce qui est dit dans le film parce que c’est pas toujours la même chose. Voilà donc, parfois aussi … si je regardais des films, par exemple, en arabe ou en anglais etc. c’était aussi drôle de voir comment certaines voilà certains passages étaient pas traduit de la même façon pour diverses raisons : qu’elles soient culturelles, quelles soient linguistiques, etc. Voilà, et donc peut-être pour continuer un peu mon histoire avec le français. Voilà donc j’avais commencé dès l’école primaire, le collège lycée j’ai aussi fait l’école marocaine donc les collèges et lycées étatiques. Donc tout était en arabe sauf le cours de langue française qui était environ quatre à cinq heures par semaine. Après au fait je pense que tout a vraiment changé quand j’ai commencé mes études supérieures. Donc quand j’ai décidé de me spécialiser en architecture. Et là au fait il faut savoir que donc dans le système d’études au Maroc donc si on choisit l’ingénierie ou si on choisi l’architecture ou d’autres matières scientifiques, d’autres spécialités scientifiques, en fait les études sont en français carrément en français.

Vous voulez dire que dans l’enseignement supérieur marocain on a la possibilité ou l’obligation, je ne sais pas, de suivre tous les cours en français. Ce n’est pas en arabe ?

Voilà donc, c’est un peu … comment dire… ça peut paraître comme étant un peu un peu bizarre mais bon.
Disons que donc dans le système marocain… d’études marocaines donc primaire collège et lycée sont en arabe donc toutes les matières sont en arabe.
Mais une fois qu’on est donc en université donc en cycle supérieur en fait si on choisit des spécialités scientifiques … donc la langue de la science en quelque sorte est le français au Maroc.
Donc on est obligé de prendre des cours en français et uniquement en français. Mais toujours est-il que si on choisit des spécialités comment dire de sciences humaines… en linguistique, etc généralement on a le choix entre le français et et l’arabe.
Donc par exemple si on choisit la sociologie on peut choisir de prendre la sociologie en arabe ou en français. Voilà si on choisit des études comment dire… en droit… on peut prendre le droit arabe ou le droit français.

D’accord, et donc là c’est vraiment l’enseignement supérieur qui vous a permis d’accélérer en fait votre progression en langue française ?

Exactement bah … comme comme j’expliquais avant donc jusqu’au lycée, je m’entraînais surtout à l’écoute donc j’étais assez bon je dirais en écoute.
Mais en études supérieures il suffit pas d’écouter, il faut exprimer ses idées, il faut …surtout en architecture il faut présenter ce qu’on a conçu ce qu’on a dessiné, etc. Il faut défendre son avis et donc ça au fait ça pousse à…comment dire à améliorer ses propres compétences en langues étrangères.
Et donc voilà c’était c’était une très très bonne motivation pour améliorer le français.

Et alors, quels conseils on pourrait donner à quelqu’un qui s’arrête au lycée par exemple ?
On imagine un cas… on a appris le français un petit peu et puis on n’a pas l’intention de faire des études supérieures ou alors faire des études mais dans un cadre qui resterait que en arabe si les marocains ou bien uniquement en allemand si on est allemand. Dans ce cas là quels conseils on pourrait donner à quelqu’un qui n’aura pas la chance de d’évoluer dans un univers linguistique propice ?

Bah écoutez mais au fait, je pense que j’ai eu le même cas où plutôt j’étais dans dans le même problème avec l’anglais au fait donc une fois que j’avais disons un bon niveau en français, j’ai commencé à m’intéresser à la langue anglaise au fait donc et forcément le Maroc n’est pas un pays anglophone et donc et le Maroc disons qu’il n’ya pas de personnes qui parlent l’anglais, il y a des personnes qui parlent l’arabe le français et les langues berbères et je pense que ça bah ça peut être le cas de plusieurs autres apprenants avec… qui vivent dans d’autres pays avec et ça peut s’appliquer à plusieurs langues mais voilà je pense qu’il faut essayer de lier au fait nos loisirs à une certaine culture à une certaine langue : si par exemple moi disons que je m’intéresse au cinéma, mais je veux apprendre l’allemand peut-être que je vais me pencher et m’intéresser aux auteurs ou aux cinéastes allemands et et là peut-être que je vais commencer à voir des films en allemand donc là encore il faut les voir en allemand peut-être que je vais les mettre en sous-titres français au départ mais petit à petit bah peut-être que il faudrait changer les sous-titres et les mettre en allemand, même si je ne comprends rien.
C’est important. En fait, tout est question de … comment dire de… d’habitude et de faire habituer notre cerveau à écouter une certaine langue.
Je pense que voilà maintenant il y a beaucoup de personnes qui regardent des vidéos tout le temps sur YouTube pour moi ça a été ça aussi donc le français et l’anglais. Une fois que j’ai été à l’université c’était un peu le boom youtube qui commençait et là j’arrêtais pas de voir des vidéos en français en anglais et donc pour le français je n’avais pas besoin de sous-titres forcément mais pour l’anglais par exemple je mettais toujours des sous-titres et après bon après 1 an 2 ans et sans m’en rendre compte j’ai vu que je pouvais voir des vidéos en fait sans… sans sous-titres. Et c’était plutôt naturel donc donc voilà je pense qu’il faut essayer de trouver un loisir et essayer de le relier à une certaine langue. Donc que ce soit la musique, le cinéma, la littérature et etc. Et surtout de faire ça chaque jour en fait même même si c’est de façon passive.
Donc par exemple ça m’arrive de d’écouter des podcasts en français et en anglais, dernièrement aussi en japonais parce que je m’intéresse à la langue japonaise, et voilà en fait, même si c’est de façon passive en le cerveau internalise toutes ces informations.

Et alors si on devait chiffrer tout ça, combien de temps combien de temps par jour … et on imagine j’ai 16 ans j’ai 16 ans je commence… allez ! j’ai décidé de m’y mettre. J’ai décidé d’accélérer j’ai décidé de vraiment apprendre le français … et mon niveau est assez moyen au niveau assez moyen … ça va prendre combien de temps pour parler comme vous ?

Alors pour parler comme moi ? ben disons que chacun a sa propre vitesse même si on a… comment dire…. même si on y consacre le même volume horaire.
Mais je pense que si y a la motivation ça peut se faire en termes de mois va voire de … un an maximum deux ans si on est très motivé.
Je connais des… j’ai des amis qui, par exemple, ont commencé à apprendre le français tout seuls mais il était très très motivés. Et bien qu’ils l’aient appris tout seuls disons qu’en entre trois et six mois ils sont arrivés à parler, comment dire, dans un niveau de conversation quotidienne qui était plutôt pas mal.
Donc j’imagine que si quelqu’un est très motivé qu’il s’y met vraiment et et surtout qu’il trouve de la passion à faire ça que ça pourrait se faire peut-être en un à deux ans un à deux ans et facilement je pense.
Comment on dit merci Aqil en marocain… en arabe ?
Alors c’est choukrane Aqil.Choukrane Aqil. C’est bien mon accent ?
Oui, c’est très bien, c’est très bien.
Merci beaucoup.
Et bien choukrane… choukrane Aqil.
C’est super dur, c’est super dur
et merci à tout le monde d’avoir écouté… et surtout merci bien sûr à Aqil d’avoir … de nous avoir accordé cette interview.
Merci beaucoup.