Le burger est aujourd'hui le sandwich le plus vendu en France, il a fini par détrôner le célèbre jambon-beurre. Voici comment ce sandwich est devenu au fil du temps le sandwich préféré des Français.
Difficile d’imaginer aujourd’hui une carte de restaurant sans burger. Pourtant, son arrivée en France n’a pas été un long fleuve tranquille.
L’histoire du burger débute à la fin du XIXᵉ siècle, aux États-Unis, où apparaît le premier sandwich garni de steak haché, facile à déguster dans la rue. Quelques décennies plus tard, des enseignes comme White Castle ou Wimpy contribuent à populariser ce nouveau plat. Wimpy tente même de s’implanter en France au début des années 1960, en ouvrant un restaurant à Paris. Mais l’expérience tourne court : le public n’est pas encore prêt et l’enseigne disparaît rapidement.
Dans les années 1970, les choses changent. McDonald’s s’installe en France, d’abord à Créteil, puis à Strasbourg en 1979. Suivent Quick et Burger King dans les années 1980. Les premières années sont difficiles pour ces enseignes qui peinent à imposer un modèle de restauration rapide. Les Français sont encore attachés aux repas longs, pris en famille à la maison. Mais le burger s’impose peu à peu comme le symbole du fast-food, de la modernité et… du rêve américain de l'époque.
Peu à peu, les habitudes évoluent. Dans les années 1990 et début 2000, le hamburger symbolise la malbouffe pour les activistes altermondialistes. On lui reproche d'être un sandwich trop gras, peu raffiné et surtout composé d'aliments industriels importés. Les grandes chaînes doivent réagir et modifient leurs recettes pour s'adapter aux attentes des Français : fromages français, sauces plus locales, pains inspirés de la baguette. Le burger devient un peu moins « étranger », mais il reste encore associé à la restauration rapide.
C'est autour de 2010 que le vrai tournant arrive. Il y a d'abord le burger de Yannick Alléno couronné « meilleur du monde » par la presse américaine. Dans sa foulée, de jeunes restaurateurs français réinventent complètement le burger. Ils utilisent du pain artisanal, de la viande de bœuf charolaise, des fromages AOP, des garnitures originales et font changer de catégorie le burger. Des noms comme "Big Fernand", "Blend" ou "Le Camion qui fume" popularisent un nouveau burger, « le burger gourmet ». Puis, les brasseries et restaurants classiques suivent le mouvement. Aujourd’hui, près de 85 % des restaurants avec service à table proposent au moins un burger, et dans la majorité des cas, c’est même le plat le plus vendu.
Les chiffres confirment ce basculement : en 2017, pour la première fois, le burger a dépassé le jambon-beurre dans le cœur (et l’estomac) des Français. Depuis, l’écart n’a fait que se creuser, porté par une croissance à deux chiffres et par l’essor du service à table, qui représente désormais l’essentiel des ventes.
Comment expliquer ce succès ? On pourrait d'abord dire que le burger était déjà le sandwich le plus populaire dans la plupart des pays du monde. Pourtant, en y regardant de plus près, le burger réunit trois produits que les Français adorent : le pain, le bœuf et le fromage. Ajoutez-y des frites, et vous obtenez une version moderne du steak-frites, l'incontournable plat servi dans les restaurants et les brasseries. D'autant que dans ces restaurants traditionnels, le burger est tellement gros, qu'on ne le mange pas avec les mains, on le déguste avec un couteau et une fourchette !
Aujourd’hui, le burger se décline dans toutes les versions : classique ou haut de gamme, végétarien ou vegan, vendu dans un fast-food comme dans les restaurants étoilés. En quelques décennies, il est passé de la « malbouffe » à un plat chéri des Français. Alors bye-bye le jambon-beurre, et bienvenue au burger !