Jean-Paul Belmondo était plus qu’un acteur. C’était un visage indissociable du cinéma français, avec son large sourire, son timbre de voix mille fois imité (cet accent vaudois qui lui fit perdre quelques rôles à ses début) , mille fois moqué mais toujours aimé,  Belmondo, Bebel pour les intimes, était un personnage truculent, un peu rebelle, émouvant.

La carrière de Bébel fut exemplaire. Jean-Luc Godard et Claude Chabrol firent de lui une icône de la nouvelle vague. Jean-Paul Belmondo, Rome, 1960Ce fut d’ailleurs avec Chabrol qu’il signa son premier grand rôle et Jean-Luc Godard, alors encore inconnu du grand public, lui proposa le premier rôle dans À bout de souffle, le film qui lança la carrière internationale de Belmondo. Belmondo, le Magnifique, entrait alors dans l’histoire du cinéma et n’en sortira plus jamais.

Il enchaîna des rôles restés dans les mémoires : Moderato cantabile, Cartouche, Pierrot le Fou, le Guignolo, le Magnifique… Pour certains, il est l’acteur de la nouvelle vague, d’autres se souviennent de l’acteur de films d’action et ses célèbres cascades. En effet, Belmondo eut la particularité de ne pas se faire doubler pour ses cascades. Il réalisa ainsi toutes les scènes dangereuses de tous ses films.

Certains de ses personnages furent à l’origine d’autres personnages à succès. Ce fut notamment le cas de L’Homme de Rio réalisé par Philippe de Broca en 1964. Belmondo incarnait un soldat dont la petite amie avait été enlevée. Son personnage, Adrien Dufourquet, inspira ensuite des personnages de manga au Japon qui connurent un grand succès comme Lupin III ou Cobra.

Durant toute sa carrière, les médias l’opposèrent à Alain Delon. Les deux hommes finirent par tourner ensemble dans un film devenu culte : Borsalino.

Celui qui sut conquérir le cœur des Français dut attendre fort longtemps avant d’obtenir des récompenses cinématographiques. Souvent nommé, il a été boudé par l’académie des César. Lorsqu’il fut enfin récompensé en 1989 pour le César du meilleur acteur, le seul de sa carrière, Belmondo le refusa, boudant à son tour l’académie.

Suite à un AVC en 2001, Belmondo dut mettre sa carrière entre parenthèses. Le combat qu’il mena pour revenir à une vie normale le rapprocha encore plus des Français.

Cinéma

La filmographie de Bébel est riche. La voici résumée en  quelques films qui ont marqué l’histoire du cinéma français.


1959 : À double tour de Claude Chabrol
1960 : À bout de souffle de Jean-Luc Godard
1960 : Classe tous risques de Claude Sautet
1960 : Moderato cantabile de Peter Brook
1961 : Léon Morin, prêtre de Jean-Pierre Melville
1961 : Une femme est une femme de Jean-Luc Godard
1961 : Un nommé La Rocca de Jean Becker
1962 : Le Doulos de Jean-Pierre Melville
1962 : Cartouche de Philippe de Broca
1962 : Un singe en hiver d’Henri Verneuil
1963 : La Mer à boire (Mare matto) de Renato Castellani
1964 : L’Homme de Rio de Philippe de Broca
1964 : Cent Mille Dollars au soleil d’Henri Verneuil
1964 : Week-end à Zuydcoote d’Henri Verneuil
1965 : Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard
1965 : Les Tribulations d’un Chinois en Chine de Philippe de Broca
1966 : Tendre Voyou de Jean Becker
1966 : Paris brûle-t-il ? de René Clément
1967 : Le Voleur de Louis Malle
1970 : Borsalino de Jacques Deray
1972 : Docteur Popaul de Claude Chabrol
1972 : La Scoumoune de José Giovanni
1973 : Le Magnifique de Philippe de Broca
1975 : Peur sur la ville d’Henri Verneuil
1976 : L’Alpagueur de Philippe Labro
1977 : L’Animal de Claude Zidi
1979 : Flic ou Voyou de Georges Lautner
1980 : Le Guignolo de Georges Lautner
1981 : Le Professionnel de Georges Lautner
1982 : L’As des as de Gérard Oury
1983 : Le Marginal de Jacques Deray
1984 : Les Morfalous d’Henri Verneuil
1985 : Hold-up d’Alexandre Arcady
1987 : Le Solitaire de Jacques Deray
1988 : Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch
1992 : L’Inconnu dans la maison de Georges Lautner
1995 : Les Misérables de Claude Lelouch
1998 : Une chance sur deux de Patrice Leconte
1999 : Peut-être de Cédric Klapisch
2008 : Un homme et son chien de Francis Huster

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