Après l’incident d’hier, ça va pas être facile de faire un papier ce matin. Vous l’avez peut-être entendu, la colère froide de DSK suite à ma chronique. Ça arrive, hein. On se lève pour apporter un peu de bonheur à l’invité, le faire rire et quand ça marche pas, la déception est terrible.>

En plus, pour ne rien arranger, j’ai eu un coup de téléphone de la direction d’Inter me demandant si, vu le contexte ambiant, je pouvais lever le pied et ne pas plaisanter sur le physique de Martine Aubry, notre invitée d’aujourd’hui. J’ai été très surpris d’autant que je voulais pas faire Martine, je voulais faire la Guadeloupe. Mais du coup, ça m’a interpellé cette mise en garde, je me suis dis tiens!Qu’est-ce qui se passe? Est-ce que la direction d’Inter a un problème avec le physique de Martine? Parce que nous, les humoristes, on pense pas forcément à mal… Mais il suffit pour que quelqu’un nous y pousse et … C’est fichu.

En plus, j’ai une liberté de ton totale sur cette antenne. TOTALE!Alors, je m’étais dit, si un jour il y a une mise en garde, ce sera sur un truc important : les renseignements généraux, la présidence… Mais pas sur la plastique de Martine…

A moins qu’elle soit classée secret défense, qu’il y ait des zones protégées… Bon, ben, je vais faire mon papier sur elle… la Guadeloupe attendra. C’est une phrase d’Yves Jégo, ça, « la Guadeloupe attendra ». Non, pour être, pour être tout à fait honnête, il paraît que le fait de l’avoir appelée « petit pot à tabac » dans une de mes chroniques l’a blessée. Mais là, il y a maldonne. Mon père possédait une très belle collection de pots à tabac: des modèles en faïence, en barbotine, napoléon, fin dix-huitième. Chez les Guillon, petit pot à tabac, c’est une marque d’affection: petit pot à tabac, petit pot à tabac. Bon, je l’aurais qualifiée de fût à bière, de barrique à pinard, de lessiveuse, je comprendrais qu’elle fasse la tête, oui.

Oui, parce que Martine nous a boudé pratiquement deux mois. A la place, elle a été  sur Europe 1 se faire interviewer par Marc Olivier Fogiel.

Martine Aubry bonjour. On vient de l’apprendre, vous refusez dorénavant de rembourser les frais de gestion de Ségolène Royal. Cela comprend ses notes de frais, ses taxis, ses journaux et son forfait Orange Millenium. Est-ce qu’on peut parler de votre part d’un désaveu, d’une rivalité, d’une guerre des dames?

Oui, elle est revenue en larmes. En larmes!

Elle était à genoux, reprenez-moi, je vous en supplie, j’ai besoin de vrais journalistes.

On l’a accueillie, bien sûr, à bras ouverts. On est comme ça à Inter. Les hommes politiques, ce sont nos enfants, avec leurs qualités, leurs défauts. D’ailleurs, je le dis à DSK s’il nous écoute, il peut revenir demain. On essaiera de se rattraper. On fera une émission un peu événementielle… en direct d’un peepshow. La maison est ouverte. Non, il faut que la direction d’Inter se détende par rapport au physique de Martine. Sinon, ça va bêtement attirer l’attention. En plus, c’est son année. C’est l’année du buffle. Tout ce qu’elle va porter sera hypra-tendance, qu’elle en profite.

Ce qui m’énerve, je vais vous dire Eric, ce qui m’énerve dans l’attitude d’Inter, c’est qu’ils n’aient pas vu à quel point Martine s’est métamorphosée ces quinze derniers jours sinon jamais ils m’auraient dit de faire gaffe. C’est plus du tout la Martine qu’on connaît tassée sur elle même, renfrognée, bougon. Là, elle vit, elle irradie. La semaine dernière, elle a posé dans Gala, dans VSD. Bon, deux jours plus tard, elle a fait une rechute, elle déclarait au Parisien « la politique, c’est trop sérieux pour qu’on s’étale dans des magazines de papier glacé ». Mais le principal, c’est qu’elle ait fait un premier pas dans la peopolisation. Ça y est! Dans Gala, on la voit faire la folle, danser, manger des moules. Un buffle qui mange des moules, c’est pas rien. On apprend des trucs incroyables. A 23 heures, elle cuisine un tiramisu, le meilleur de France. Jean Christophe Cabadélis déclare: »avec elle, ça rit, ça gueule, ça pète ». Ça doit être le tiramisu. Elle se libère, elle se libère totalement, c’est presque une Ségolène. Une Ségolène light. Là, ça, je sais que c’est un compliment qui va la toucher. Elle s’est métamorphosée. Il paraît même, il paraît même qu’elle aime se faire chambrer. C’est Bruno Juliard, son lieutenant qui l’affirme : « avec Martine, la parole est libre, très libre. On peut se parler de tout, même se moquer des uns des autres ». Et bah dis donc. Dis donc. Quand Martine va apprendre que France Inter voulait m’empêcher de déconner sur elle, ça va chauffer, je vous le dis.

Le magazine Gala l’écrit en gros : « Martine, une authentique boute-en-train qui mène son monde à la baguette » On rigole!Eric, mais ça peut péter à tout moment. Allez, à lundi. Lundi, je vous parlerai de la Guadeloupe.


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